
L'IMPRESCRIPTIBLEPARDONNER ?DANS L'HONNEUR ET LA DIGNITÉPAR VLADIMIR JANKÉLÉVITCHAUX ÉDITIONS DU SEUIL,PARIS 1986.DESCRIPTION :«Le pardon est mort dans les camps de la mort.» Qui a bien pu écrire une telle phrase? Un philosophe, un juif, un Français, un moraliste? Oui, mais surtout un survivant, un survivant mystérieusement sommé de protester sans relâche contre l'indifférence. Sous le titre: l'Imprescriptible, se trouvent en effet réunis deux textes: Pardonner ? et Dans l'honneur et la dignité, parus respectivement en 1971 et 1948, qui tentent de maintenir «jusqu'à la fin du monde » le deuil de ceux qui furent exterminés et de ceux qui sacrifièrent leur vie. Car Jankélévitch n'a jamais séparé la dénonciation du mal absolu que constitue le génocide juif de la vénération pour les résistants. Son amour fou envers toutes les victimes du nazisme et sa foi dans la solidarité des douleurs constituèrent sa consolation.Pourquoi souffler à nouveau aujourd'hui sur ces braises? On pourrait facilement justifier cette parution en relevant dans l'actualité les signes multiples qui indiquent la défaillance de la mémoire et de l'histoire, mais ce serait trahir le caractère intempestif et métaphysique de ce qu'écrit ici Jankélévitch. Le philosophe de l'occasion n'a jamais cru bon d'attendre l'occasion d'exprimer sa colère et sa pitié. C'était toujours pour lui le moment de rappeler que la mémoire de l'horreur constitue une obligation morale. Car, après tout, les Allemands n'ont jamais demandé pardon.«J'ai beau tendre l'oreille, je n'ai jamais entendu ce seul mot : pardon !»TABLE DES MATIÈRES :Pardonner ?AvertissementPardonner ?1. L'imprescriptible2. Nous a-t-on demandé pardon ?AnnexesHommage à la Résistance universitaire. Allocution prononcée à l'UNESCO pour le XXe anniversaire de la Libération.Allocution prononcée en avril 1969 au Mémorial du Martyr juif à l'occasion de la Journée national de la Déportation et de la révolte du ghetto de Varsovie.Dans l'honneur et la dignitéAUTEUR :Vladimir Jankélévitch naît à Bourges en 1903. Il est le fils du Dr Samuel Jankélévitch, à qui l'on doit des traductions françaises de Hegel, Simmel, Schelling et Freud. Il fut d'ailleurs le premier à traduire l'Introduction à la psychanalyse ainsi qu'une dizaine d'autres ouvrages de Freud, avec lequel il entretenait une correspondance. Vladimir ne manifesta jamais grand intérêt pour la psychanalyse.Sa famille s'installant à Paris, il étudie au lycée Montaigne, puis à Louis le Grand. Un professeur de lycée l'oriente vers la philosophie. Il entre en 1922 à l'Ecole normale supérieure où il fait la connaissance de Louis Beauduc avec lequel il entretient une correspondance entre 1923 et 1980, date du décès de Beauduc. La première lettre se termine sur ces mots: "Ne l'oublie pas, nous écrivons pour la postérité, et nos futurs éditeurs réserveront sans doute pour le dernier volume de nos oeuvres philosophiques (comme on l'a fait pour Descartes, Kant, etc.) la Correspondance de MM. V. Jankélévitch et L. Beauduc". C'est chose faite aujourd'hui, dans "Une vie en toutes lettres". Il obtient l'agrégation en 1926, reçu premier et Beauduc deuxième. Brunschvicg le pousse vers Simmel et Bergson, qu'il rencontre pour la première fois en 1923, et auquel il consacre plusieurs articles ainsi qu'un ouvrage: "Bergson", publié en 1931 et préfacé par Bergson lui-même, fait plutôt rare. Chaque texte de Jankélévitch fait l'objet d'un échange approfondi entre les deux hommes qui entament également une correspondance, inédite à ce jour.Sa thèse intitulée "L'Odyssée de la conscience dans la dernière philosophie de Schelling" soutenue en 1933 est moins annonciatrice de sa pensée que la thèse annexe: "Valeur et signification de la mauvaise conscience". La conception de l'éthique que ce texte propose annonce celle du "Traité des Vertus".En 1927, Jankélévitch quitte Paris pour Prague où il est professeur à l'Institut français. De retour en France en 1933, il enseigne successivement à Caen, à Lyon et dans les facultés de Besançon, Toulouse et Lille. Mobilisé en 1939, il est blessé à Mantes en 1940, puis révoqué par le régime de Vichy, puisqu'il n'est pas français à titre originaire. Ses parents russes l'avaient naturalisé à l'âge d'un an. Il se réfugie à Toulouse avec sa famille, menant de front la Résistance ainsi que des activités philosophiques, enseignant dans les cafés. Durant cette période noire, il publie grâce au concours d'anciens étudiants de Lyon "Le Malentendu", "Le Mensonge", "Le Nocturne", textes empreints de cette vie souterraine.La guerre marqua profondément Vladimir Jankélévitch, à plusieurs niveaux. Sa vie privée, tout d'abord, ainsi qu'il le confie: "La guerre a coupé ma vie en deux. Il ne me reste rien de mon existence d'avant 1940, pas un livre, pas une photo, pas une lettre", son appartement ayant fait l'objet de pillages. Jeune universitaire brillant avant-guerre, il est pour un temps écarté de l'enseignement. Plus encore, l'horreur des crimes nazis aura des conséquences sur sa vie intellectuelle: "J'ai répudié à peu près toute la culture allemande, j'ai oublié la langue allemande. Je sais bien que c'est le côté passionnel de mon existence. Mais quelque chose d'innommable s'est passé, qui m'a concerné dans mes racines. C'est un hasard si je n'ai pas été anéanti". "Le Pardon" sera lui aussi marqué par ces années d'horreur. Sa volonté de ne pas renouer avec l'Allemagne lui vaut une progressive exclusion du monde littéraire. Il vit dans la méconnaissance, thème analysé dans le second tome du "Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien". "Je vois de moins en moins mes collègues philosophes des facultés et des lycées. Je me sens de plus en plus loin d'eux ainsi que d'ailleurs des étudiants. Maintenant il n'y a plus de place en France que pour les troupeaux: marxistes, catholiques, existentialistes. Et je ne suis d'aucune paroisse" . Relevons encore ce passage à propos de la parution de La Mort, témoignant de l'ignorance dont Jankélévitch est l'objet: "Quant au service de presse, Flammarion l'a fait lui-même, et, je crois, assez chichement. Il y a tant de revues qui n'ont jamais rendu compte d'aucun de mes livres, à aucun moment ni sous aucune forme, ni même jamais prononcé mon nom (Esprit, Les Temps Modernes, NRF), tant de gens qui ignorent mon existence (Lacroix p. ex.) que je ne puis entièrement désapprouver Flammarion".Le "Traité des Vertus", publié en 1949 et dont la rédaction s'étala entre le milieu des années 30 et 1946, demeure selon Françoise Schwab, l'ouvrage de référence. Elle a suivi les cours de philosophe, fut proche de sa famille et a établi l'édition de plusieurs de ses ouvrages. "Aux confluents du néoplatonisme, de la mystique des Pères de l'Eglise, du pur amour fénelonien, de la bonne volonté kantienne et de la pureté du coeur kierkegaardienne jaillit cette éthique de la volonté agissante", dit-elle du "Traité".Il se marie en 1947 à Alger; sa fille Sophie naîtra en 1953. Sa correspondance fait pourtant état d'un premier mariage, qui a duré quelques mois seulement.En 1954 paraît son seul ouvrage de métaphysique: "Philosophie première: introduction à une philosophie du presque". C'est cet ouvrage que Jerphagnon placerait au centre de l'oeuvre, plutôt que le "Traité des Vertus".Titulaire de la chaire de philosophie morale à la Sorbonne de 1951 à 1978, Jankélévitch se partage entre trois activités pour lui inséparables: la philosophie exprimée dans ses cours et ses ouvrages, la musique en tant que musicologue et musicien, et enfin l'engagement quotidien. Dénonçant ceux qui se contentent de conjuguer le verbe "s'engager", il n'hésite pas à devenir membre de la Résistance, maintient envers et contre tout après la guerre le souvenir des victimes du nazisme, se place du côté des étudiants en Mai 68 ("Je vis depuis huit mois parmi les étudiants, passant mon temps dans leurs commissions, leurs Assemblées générales, les écoutant, tâchant de les comprendre, renié par mes collègues qui m'accusent de démagogie"), prend position contre l'euthanasie, exige le maintien de la philosophie dans l'enseignement secondaire français.Pour quelqu'un qui ne se proclame pas écrivain, il a tout de même produit plus d'une vingtaine d'ouvrages philosophiques, auxquels il faut ajouter dix livres traitant de musique.La maladie emporte Vladimir Jankélévitch en 1985, à l'âge de 82 ans.NOTICE :Titre : L'Imprescriptible Pardonner ? Dans l'honneur et la dignitéAuteur : Vladimir JankélévitchEdition : Le Seuil, Paris 1986Nombre de pages : 107 p.Format : Broché, 14 x 20,5 x 1 cmEtat : Cet ouvrage est en bon état.L'envoi sera rapide, soigné et emballé dans du papier-bulle.A partir de deux articles achetés, j'offre des réductions de frais de livraison, contactez-moi pour en savoir plus.Règlement accepté par Chèque - Espèces - VirementEnvoi en lettre : 2,40 eurosEnvoi en lettre suivi : 4,15 eurosLivraison sur Nantes possible et gratuite
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